dimanche 20 mai 2012

Le prénom : toute une Histoire

Pour ceux qui connaissent mon prénom, dont le pseudo Rose n'en est qu'une forme tronquée, savent ma fascination pour ces signes graphiques combinés ensemble afin de façonner notre identité dans ce qu'il y a de plus intime, tout en étant voué à s'exposer publiquement.

En effet, le son des quelques lettres qui le composent résonne dans nos cellules à chaque fois qu'une personne le prononce, à chaque fois que nous le prononçons. Tenter de chiffrer le nombre de fois où nous avons entendu, lu, dit, écrit, signé ou tapé notre prénom, ne serait-ce qu'aujourd'hui, est mission impossible. J'ai eu la velléité d'en faire le test, j'ai renoncé devant l'incommensurabilité de la tâche.

Notre prénom est notre essence, il nous différencie de l'ensemble de notre clan. Il est un marqueur important, à la fois affectif, social, familial ou transgénérationnel. Il est également porteur de l'imaginaire de nos parents. Il peut nous grandir ou au contraire être lourd à porter, c'est tout le propos du film Le prénom dont voici le pitch (l'abrégé du film) :

Vincent, la quarantaine triomphante, va être père pour la première fois. Invité à dîner chez Élisabeth et Pierre, sa soeur et son beau-frère, il y retrouve Claude, un ami d'enfance. En attendant l'arrivée d'Anna, sa jeune épouse éternellement en retard, on le presse de questions sur sa future paternité dans la bonne humeur générale… Mais quand on demande à Vincent s'il a déjà choisi un prénom pour l'enfant à naître, sa réponse plonge la famille dans le chaos.


J'avais entendu dire le plus grand bien de la pièce de théâtre à l'origine de ce film. Elle avait rencontré un joli succès à Paris entre septembre 2010 et mars 2011. Le défi était d'adapter une mise scène destinée aux planches pour le grand écran, processus très bien décrit par Annabelle Laurent dans son article « Le prénom » : Comment ne pas faire du « théâtre filmé »?

L'empreinte originelle du théâtre est restée. L'immobilisme imposé par un espace réduit à un salon et une cuisine peut surprendre au premier abord, mais apporte en fin de compte encore plus de vigueur aux dialogues truculents, et ne laisse aucun temps mort. On rit du moment où le fameux prénom est annoncé jusqu'au générique de fin, sans toutefois oublier la gravité du fond. 

Je me suis aussi amusée de la réunion à l'écran d'un Maurice Benguigui, dit Patrick Bruel, dans une interprétation attendue, et d'une Valérie Benguigui, surprenante d'authenticité. Une histoire de patronyme dans un film sur les prénoms, probable attraction d'un synchronicité familiale qui laisse une impression due au hasard, mais l'est-ce vraiment ?

J'ai aimé voir à l'écran ce avec quoi je travaille et qui me passionne. Notre prénom, mais également notre nom de famille, racontent une Histoire, notre histoire, dans un savant mélange de sociologie et d'inconscient familial. Que cela soit au travers des références laissées par des personnes historiques ou célèbres, les images que l'homophonie renvoie tels des hiéroglyphes, par les anecdotes, mythes et légendes qui l'entourent ou tout simplement par des références familiales. Un prénom dégage quelque chose. Ne me demander pas comment cela fonctionne, c'est de l'ordre d'une évidence irrationnelle et pourtant presque mathématique. Oui je vous l'accorde, mon propos est quelque peu antagoniste, mon intérêt reste avant tout de susciter le questionnement.

Et vous, avez-vous déjà penser à demander à vos parents pourquoi ils vous avaient donné ce ou ces prénoms ?

Signé :
Rosemonde



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