dimanche 3 juin 2012

Chauve pour la bonne cause : ils & elles l'ont fait !

Samedi 2 juin 2012, un après-midi ensoleillé, quelque part à Lausanne sous gare. Deux des pièces d'un appartement anonymisé serviront la cause. 

Une trentaine de personnes sont présentes. Rien pour dire qui le fera ou pas. Certaines s'acquittent de leur promesse de don. Un fauteuil façon velours grand-mère attend d'immortaliser les avants/après. Dans la pièce contigüe, une chaise est installée sur fond de papier blanc. C'est là qu'officiera la tondeuse de Pierre-José, coiffeur-perruquier.

Petit à petit, j'identifie les femmes et les hommes qui ont fait le choix de mettre leur tête à prix. J'apprends avec surprise qu'un jeune garçon de 7 ans est prêt lui aussi à relever le défi. Cela ne laisse personne indifférent. Deux personnes se présentent spontanément. Elles ont pris leur décision le jour d'avant, après lecture d'un article présentant le projet, paru dans le journal régional 24 Heures. Le geste est à la fois impulsif et réfléchi.

Justement, un journaliste et un photographe de ce même journal sont présents pour couvrir l'événement en images. Ils s'enquièrent des noms des volontaires, de leurs motivations. Ils questionnent Charlotte et Gilles les fondateurs de l'Association CHauve pour la bonne cause sur l'origine de l'initiative.

C'est le moment. L'atmosphère s'est emplie d'émotions, dans une alternance de rires et quelques larmes, d'appréhensions et du soulagement de découvrir son nouveau visage, de moments de silence sur ronronnement de tondeuse, aux applaudissements et étreintes. Chacun a une motivation intime de s'engager dans ce mouvement, la connaître n'est pas nécessaire, participants et accompagnateurs sont reliés par un même élan.

Je suis là pour soutenir l'audace et l'enthousiasme de Charlotte, pour réfléchir au regard que l'on pose sur soi et autour de soi, pour participer à la conscientisation de ce que peuvent traverser les malades, peut-être aussi pour conjurer le sort de me dire que personne n'est a l'abri.

J'observe. Je suis admirative du courage qui les anime, touchée de leur évidence. Je prends quelques photos avec mon téléphone, car le moment me donne envie d'une suite à l'article écrit trois semaines auparavant. Je regrette l'absence d'un bon appareil. On ne s'improvise pas photographe avec une pomme au bout des doigts. Je vais devoir faire avec et palier au manque de qualité avec quelques effets.

C'est terminé. Les personnes encore présentes se dispersent dans la rue pour un happening de sensibilisation. Je m'éclipse, toute surprise de m'entendre penser que oui maintenant je pourrais le faire.

Ce qui m'a fait changer d'avis ? L'authenticité qui se dégageaient des visages mis à nu. Tobias, Joris, Pierre, Sylviane, Daisy, Yannick et Charlotte ont osé laisser tomber le masque de ce qui est considéré comme un attribut de séduction, pour quelque chose de plus fort encore. Sans leurs cheveux, on ne percevait plus que la profondeur et la sincérité de leurs regards. Ils étaient tous, sans exception, beaux et belles chauves pour la bonne cause. Chapeau !

Qui sait, peut-être que l'année prochaine je mettrai ma tête à prix. Et vous ?

Signé :
Il-ne-faut-jamais-dire-jamais





















1 commentaire:

  1. Tes photos sont très belles, elles racontent beaucoup. :)
    La seule petite chose qui m'embête, c'est ce petit garçon. Alors oui, ça repousse, mais on sait tous que le monde des enfants peut être cruel, et ça me gêne qu'on lui ai laissé faire ce geste. Je pense qu'à cet âge on a pas vraiment le recul nécessaire pour se rendre compte de ce qu'on fait.

    J'essaie d'imaginer une Rose sans chevelure... Why not après tout ? Il faut juste quelques jours pour vraiment s'y faire.

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